Mon cousin, est-il Frontiste ?

rivarol2968La politique et la famille ne font jamais bon ménage, ce n’est un secret pour personne. S’il y a des tendances politiques majoritaires dans une famille, c’est monnaie courante et s’il y a des clivages générationnels c’est tout aussi naturel.

En revanche, combien sommes-nous à avoir un cousin ou un oncle, une tante ou une nièce qui gravite dans les sphères de l’extrême droite ? Si je passe sur l’extrême gauche, c’est que la jeunesse souvent s’y forme avant de s’en éloigner. Je passe volontiers sur la citation apocryphe de Churchill qui voudrait que la jeunesse soit naturellement de gauche et que ceux sans cervelle y restent passé l’âge adulte. Revenons donc à ces proches qui s’affichent ou se cachent dans les courants extrémistes.

Tout d’abord, soyons justes : il n’y a pas une extrême droite mais des extrêmes droites. Cette phalange de la politique conservatrice présente autant de différences internes qu’on trouve de clivages avec la droite classique.

Qu’y trouve-t-on ? En France, l’extrême droite fourmille de petits clans : poujadistes, groupuscules identitaires (Bloc identitaire par exemple), groupes ouvertement racistes ou xénophobes, groupes nationalistes et catholiques (Renouveau français), groupes nationalistes (Mouvement national républicain). Ces groupuscules vivent tous dans l’ombre de la grande formation nationaliste d’extrême droite : le Front National. Nous pourrions placer ici par facilité les groupes monarchistes (mouvements orléanistes, bonapartistes ou bourbons) mais ces derniers sont bien plus complexes qu’il n’y parait et ne sont pas forcément d’extrême droite. Nous en parlerons une autre fois.

Parmi les caractéristiques historiques des extrémistes, on retrouve :

  • l’antiparlementarisme ;
  • l’antisémitisme ;
  • le nationalisme ;

A ces caractéristiques classiques, on peut aujourd’hui ajouter :

Au-delà de ces caractéristiques politiques, quelles sont les points communs partagés par les électeurs d’extrême droite ? Si la comparaison entre l’échiquier politique français et américain n’est pas aisée, nous aimerions orienter le lecteur vers cette étude de l’université de Berkeley de 2003 : « Researchers help define what makes a political conservative« .

Après avoir consulté plus de cinquante ans de littérature politique, les chercheurs ont brossé le portrait psychologique suivant des conservateurs américains, proches cousins des extrémistes français :

  • La peur et l’agression de l’autre : facteurs nécessaires dans la justification de l’inégalité
  • Dogmatisme et intolérance de l’ambiguité : une vision qui se conforte dans la manichéisme
  • Une détestation naturelle de l’incertitude : qui amène la résistance au changement
  • Une intolérance face aux idées qui ne sont pas résolues : tout doit s’expliquer facilement, rejet de l’intellectualisme.
  • Le besoin de gérer la terreur ou la dissidence : en créant un ennemi facilement identifiable, on fédère les troupes.

Source : Berkeley.edu

Qu’ont en commun ces nationalistes d’aujourd’hui et les mouvement national-socialistes et fascistes d’hier ? Le spécialiste en sciences politique, Lawrence Britt, a identifié les principes suivants :

  • Ultra-nationalisme : recours aux symboles, slogans, drapeaux omniprésents;
  • Rejet des droits de l’homme : en stigmatisant l’humanisme, on se sert de la peur d’autrui pour justifier la torture, les assassinats, les incarcérations longues.
  • La nécessité de boucs émissaires : l’ennemi est facilement identifié par sa race, sa religion, ses idées politiques dissidentes ;
  • L’apologie des forces armées : mise en avant et glorification des forces armées au-dessus de tout ;
  • Misogynie ;
  • Contrôle des médias et de l’information ;
  • La nécessité de contrôler la sécurité collective ;
  • Rapprochement entre l’état et une religion ;
  • Protection des pouvoirs corporatistes ;
  • Retrait des droits des travailleurs, anti-syndicalisme ;
  • Rejet de l’intellectualisme et des arts ;
  • Fort penchant pour l’ordre et l’autorité, « flicage » de la société ;
  • Corruption ;
  • Fraude électorale justifiée par la nécessité de combattre l’ennemi ;

Source : GlobalResearch.ca

Reconnaissez-vous, à la lecture de ces quelques traits, les discours de certains de vos proches, de vos amis ou connaissances ? C’est fort probable ! Quand on sait que les résultats du Front National à l’élection présidentielle furent de 15 % en 1995, 16 % en 2002 et 10,44 % en 2007, il serait plutôt surprenant qu’un de vos proches ne soit pas un électeur d’extrême droite !

Si vous êtes présents dans les médias sociaux, combien de vos amis partagent régulièrement des contenus xénophobes, islamophobes, racistes ? L’année 2012 est une année électorale importante en France, ne laissez pas l’extrémisme gagner du terrain, soyez vigilants !

6 comments on Mon cousin, est-il Frontiste ?

  1. Les sources GlobalResearch.ca et Berkeley.edu ne donnent rien, serait-il possible d’avoir les references complete?
    N’y a t’il pas aussi une propension a vouloir denoncer des complots a chaque instant?
     

  2. Merci Wilnock, en passant d’evernote à word, j’ai perdu des hyperliens. Je viens de corriger cela à l’instant. Oui le complotisme est bien une valeur d’extrême droite (complots financiers, complots juifs et maçonniques … ) mais aussi d’extrême gauche (complotisme 11 septembre aux États-Unis par exemple).

  3. Et voilà que ce matin, un ami me fait suivre un brûlot par courrier électronique qui recense une série d’actes soi-disant anti-blancs. Que trouve-t-on ?

    • Actes attribués faussement aux non-blancs (lire islamistes entre les lignes)
    • Fausses statistiques
    • Et bien sûr le complot médiatique : « C’est bizarre, les médias ne sont pas au courant visiblement … Rien vu ni entendu!!!! »

    Enfin, je vous laisse lire l’excellente analyse de HoaxBuster.fr

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