Législatives 2012 : les forces en présence

FrenchDefenseNous sommes en pré-campagne [1] et les candidatures se multiplient dans la première circonscription des Français de l’étranger.

Les trois pôles de la politique française (gauche – centre et droite) sont bien présents sur l’échiquier politique mais de nombreux événements longuement traités sur ce blog ont abouti à une balkanisation (rien à voir avec une balkanysation…) de l’électorat au centre et à droite

Tout d’abord à gauche, deux partis sont actuellement présents : le Parti socialiste et le mouvement Europe Écologie Les Verts.

Au Parti socialiste, la candidate Corinne Narassiguin, investie lors d’une primaire en décembre 2010 [2] avait choisi comme suppléant, un autre membre du Parti socialiste originaire de Montréal, M Yves Alavo. Europe Écologie Les Verts de leur côté avaient annoncé la candidature de Rémi Piet et Sabrina Feddal.

Le 11 janvier dernier, le regroupement PS-EELV a écarté trois des candidats en lice (M Alavo, M Piet et Mme Feddal) pour leur substituer Cyrille Giraud (EELV) de Montréal comme  suppléant de Mme Narassiguin. Cette alliance surjective permettra de fédérer quelques pourcentages supplémentaires au Parti socialiste [3].

Au centre, c’est l’éclatement des forces comme en France métropolitaine : une candidature  Modem [4] et probablement une candidature de l’ARES [5] qui regroupe les astéroïdes du centre : Parti radical, Nouveau Centre, La Gauche moderne, Convention démocrate.  Notons que le Modem a investi une candidate ne vivant plus en Amérique du Nord mais vivant à Lyon.

À droite, c’est la zizanie. La montagne (l’UMP) ayant accouché d’une souris (candidature de Frédéric Lefebvre qui n’a aucune crédibilité auprès des expatriés), deux candidatures dissidentes se positionnent. Un candidat bénéficiait jusqu’à récemment d’une couverture médiatique évidente en France métropolitaine : de fait, cette reconnaissance n’était que patronymique et la campagne de Julien Balkany a pris un virage viral dans le mauvais sens du terme. Il reste Gérard Michon, seul candidat avec Corinne Narassiguin, à être membre élu de l’Assemblée des Français de l’étranger dont la légitimité politique à droite en Amérique du Nord n’est plus à faire.

Afin de départager cet échiquier en début de partie, je vous propose un tableau récapitulatif qui résume l’état des candidatures dans la première circonscription d’Amérique du Nord.

Candidat(e) Suppléant(e) Investiture Résidence Élu AFE* Candidat AFE* Mandat
GAUCHE
Corinne Narassiguin PS New-York Oui Oui 1er mandat
Yves Alavo PS Montréal Non Non
Cyrille Giraud EELV Montréal Non Non
Rémi Piet EELV Miami Non Non
Sabrina Feddal EELV Montréal Non Non
CENTRE
Carole Granade MODEM Lyon Non Non
Franck Barrat MODEM San Francisco Oui Oui 1er mandat
Philippe Manteau ARES New York Non Oui
Séverine Boitier ARES Montréal Non Non
DROITE
Frédéric Lefebvre UMP Paris Non Non
Julien Balkany New-York Non Non
Gérard Michon Los Angeles Oui Oui 4e mandat
INDÉPENDANTS
Mike Remondeau Tampa Non Non
Philippe Régnoux Montréal Non Oui
Jean Yves Bernard Sherbrooke Non Non

D’après ce tableau, deux candidatures bénéficient d’une légitimité politique certaine, ce sont Corinne Narassiguin et Gérard Michon.

Les candidats sur le web

L’actualité de la campagne vue autrement : Le CanardUS

Sites et blogs

* AFE : Assemblée des Français de l’étranger



[1] La campagne législative commence 20 jours avant le scrutin. Article L164 du code électoral.


[2] Ils étaient une cinquantaine aux dires d’un membre présent. Voir échanges du 11 janvier sur le groupe de la 1e circonscription sur Facebook.com.


[3] Lors de l’élection présidentielle de 200, la candidate Ségolène Royal avait obtenu 29 % et les verts 2,38 % en Amérique du Nord.


[4] Lors de l’élection présidentielle de 2007, le candidat François Bayrou avait obtenu 21,52 % en Amérique du Nord.


[5] Alliance républicaine, écologiste et sociale. alliance-pour-une-france-juste.fr

14 comments on Législatives 2012 : les forces en présence

  1. Quelques petites coquilles ou précisions nécessaires selon moi :
    Corinne Narassiguin n’a jamais eu l’investiture AdFE (Qui s’appelle depuis quelques temps déjà Français du Monde – AdFE, le terme AdFE devant disparaître il me semble). Elle a eu l’investiture PS. On pouvait être membre de Français du Monde (FdM) et du PS et participer aux primaires qui ont désigné Corinne. Mais on nepouvait pas être membre de FdM et non encarté et participer à ce scrutin (ce qui était mon cas). C’était donc bien une désignation démocratique mais au sein du PS.
    La position de Français du Monde (FdM – de sensibilité de gauche large) consiste à dire qu’elle ne prendra pas partie lors des scrutins présidentiels et législatifs aux premiers tours tant qu’il y aura plus d’un candidat de gauche en lice. Dans le cas de l’Amérique du Nord, à moins d’une surprise et d’un candidat du MRC ou du Front de Gauche, il n’y en a qu’un seul et donc Corinne Narassiguin sera certainement soutenue par les sections de FdM en Amérique du Nord dès le premier tour.
    Ce sont des subtilités qui ont leur importance.
    Ensuite, dans le cadre de l’alliance PS/EELV, tu dis que trois candidats ont été écartés. La formulation laisse sous-entendre qu’il y a eu une décision prise par les directions. C’est certainement le mot écarté qui renforce cette idée.
    Je ne connais pas la réalité des négociations et de tout ce qu’il s’est passé. Mais, connaissant bien Cyrille Giraud et Rémi Piet, ayant déjà parlé à plusieurs reprises avec Corinne Narassiguin ou des membres du PS à Montréal, je sais que dans cette circonscription, les décisions se prennent par le biais de la discussion entre les acteurs locaux. Oui, il y a eu un accord passé par les instances des deux partis à Paris. Mais ensuite, sur le terrain, rien n’a été imposé. Dès lors, personne n’a été écarté.
    Voila c’était mes petites remarques… mais en tout cas, merci pour cet état des lieux plus que nécessaire.
    Par contre, je suis surpris sur le lieu de résidence de Carole Granade… es-tu sûr de cela ?

  2. Salut Anthony, merci pour toutes ces précisions. J’ai retiré la mention ADFE même s’il est difficile pour le commun des mortels de distinguer l’ADFE du PS à l’étranger.

  3. Concernant Carole, j’ai remarqué que sur le fameux CanardUS on fait état du fait qu’elle vit désormais à Lyon et les échanges avec les partisans du MODEM dans le groupe FB semblent le confirmer. Ils insistent lourdement sur le fait qu’elle a vécu longtemps aux USA, que son suppléant y vit et qu’elle y a toujours une résidence secondaire.

  4. Précision au sujet de Carole Granade, tiré de son site de campagne : « Après avoir passé 15 ans + à San Francisco, nous avons décidé, en famille de nous réimpatrier en France. Actuellement entre Lyon et San Francisco, nous redécouvrons avec intérêt les différences entre nos deux cultures. » – Source

  5. Vous parlez de la légitimité des candidats. Selon vous, seuls madame Narassiguin et monsieur Michon « bénéficient d’une légitimité politique certaine ».
    Cher Monsieur Cormier, en démocratie, la seule légitimité qui vaille, c’est celle des électeurs.
    Nous en serons tous les acteurs en juin prochain.

  6. M Jean, vous avez tout à fait raison, en démocratie, la seule légitimité est celle des urnes. Ceci étant, je ne fais que partager mon analyse des forces en présence afin de mieux orienter mon choix. Dans un premier temps, j’analyse et je présente ici les actes des uns et des autres (activité politique, candidature, élections précédentes, participation à la vie collective) et dans un deuxième temps nous nous pencherons sur les programmes. Cette deuxième analyse pourrait inverser la légitimité des candidats présentée ici !
    A bientôt pour la suite et merci de participer. Avez-vous rejoint notre groupe sur Facebook ? Les discussions sont vives mais courtoises !

  7. Un candidat de l’ARES (Nouveau Centre et Parti Radical) : Philippe Manteau

    De French Morning : « Face à des candidats qui pour la plupart souhaitent mettre en avant les questions censées intéresser plus particulièrement les Français de l’étranger (assurance santé, retraite, mobilité, éducation), le candidat centriste veut lui insister sur les grands débats nationaux »

     

  8.  
    Bonjour Marc !
    Je me permets un petit complément d’information sur votre publication relative à la candidature de Philippe Manteau.
     
    Effectivement, il aura une perspective incluant les débats nationaux, ce qui est le minimum requis si l’on aspire à ce poste, tout en sachant bien que l’action du député sur le terrain, lors de l’exercice de son mandat, relèvera essentiellement des questions liées aux Français de l’étranger.
     
    Peut-être cela n’a-t-il pas été totalement retranscrit dans l’interview de French Morning ; Philippe manteau souhaite être clair sur la nature de cette candidature pour laquelle les enjeux diffèrent de ceux relevant des conseillers à l’AFE, où il est possible de se limiter à une politique reliée au Français de l’étranger. Les candidats aux législatives se doivent d’avoir une réelle connaissance des enjeux politiques français dans leur globalité.
     
    Ceci ne veut pas dire que les intérêts des Français de l’étranger seront considérés comme mineurs, bien au contraire. Les sujets fondamentaux que vous mentionnez sont une priorité, et tous les enjeux doivent être pris en considération.
     
    Le statut de député est un mandat législatif. Les élus devront voter des lois nationales au Parlement. Il serait délicat de vouloir cantonner l’action des députés des Français de l’étranger qui siégeront à l’Assemblée nationale aux questions d’expatriation, d’immigration et d’intégration des Français vivant à l’étranger. Je pense qu’ils ont la volonté d’y siéger et d’être considérés au même titre que tous les députés français élus.
     
    Ce sera notre rôle à chacun, qui sommes sensibles aux questions politiques puisque nous en débattons ici, de le faire comprendre aux Français vivant en Amérique du Nord qui souhaitent voter pour les législatives.
     
    Merci Marc, de m’avoir permis d’ajouter cette petite nuance qui n’est pas sans importance !
     

  9. J’ai essuyé hier, sur twitter (@marccormier), un barrage d’attaques provenant du camp de Julien Balkany.

    Pourquoi ? Car j’ai répondu à une attaque frontale et basique de soutiens de Balkany contre la candidate socialiste au sujet de son emploi dans une banque à New-York. Comme beaucoup, j’ai souri devant cette apparente drôlerie il y a de cela quelques mois, avant de passer à autre chose car la campagne mérite de se tenir sur des questions de fond.

    Mais voilà qu’une véritable armée de fourmis s’est mis en branle pour m’accuser de partialité et d’être un sous-marin de la candidate socialiste (!). C’est bien mal me connaître.

    Manifestement faire preuve d’un peu d’objectivité sur twitter c’est ouvrir la porte aux amalgames les plus douteux pour réduire au silence ceux qui posent des questions et répliquent aux critiques basiques. Soit, certains diront que c’est de bonne guerre.

    Cependant, le plus intéressant, c’est que le candidat Balkany ne répond plus directement à mes questions posées sur twitter et semble avoir adopté la pratique du ‘quand je pête, c’est eux qui puent’.

    En faisant appel à des utilisateurs qui ne vivent même pas dans la circonscription pour tirer sur ceux et celles qui le questionnent (y compris une ex-candidate Miss France…), Balkany démontre qu’il épouse désormais les méthodes dignes des pires campagnes élevées à la puissance 2.0.

  10. Je viens de prendre connaissance de l’article consacré à la candidature de l’ARES en Amérique du Nord.

    Je relève l’utilisation à maintes reprises de la formule ‘franco-américain’ : député franco-américain, vision libérale franco-américaine, civilisation franco-américaine. Navrant pour l’électorat canadien qui de surcroît n’est pas limité au Québec.

    utre commentaire curieux : « Ce que beaucoup de monde oublie, c’est que cette élection va aussi se passer sur le sol américain et qu’ici nous sommes protégés par la constitution américaine et le premier amendement qui garantit la liberté d’expression.  » – Philippe Manteau

    Je ne vois pas en quoi la constitution américaine puisse être évoquée dans le cadre d’une élection régie par le Code électoral français ! Si un litige doit découler d’une action quelconque dans cette élection, c’est au Conseil d’État de trancher non ?

    ‎ »Quand il y aura un député franco-américain, ce sera un canal de transmission direct entre la République et la Fédération américaine, en plus de la voie diplomatique.  » – Un électeur sur trois habite au Canada…

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