Les élus face à la crise

Dans le cadre d’une rubrique consacrée à la crise vue par les élus des Français de l’étranger, j’ai répondu aux questions suivantes pour L’Hebdo indépendant du sénateur Robert del PICCHIA, sénateur de Français de l’étranger. Ce texte fut publié dans le numéro 798, du 22 avril 2021. Les commentaires ci-dessous sur la politique canadienne et ontarienne ont été fournies à titre d’information, elle n’ont pas vocation à être source de polémique politique. 

1 – Quel est le quotidien en Ontario et dans le Manitoba ?

L’Ontario, comme le Manitoba, traversent actuellement la 3e vague de la crise Covid19 avec la proliférations des nouveaux variants. L’Ontario, comme d’autres provinces canadiennes, a multiplié les effets d’annonce sur les restrictions progressives mises en place pour arriver à un constat amer : aucun ralentissement de la maladie n’a été acté et les services d’urgences sont depuis débordés, les écoles fermées, certaines usines à l’arrêt.

Au cours des derniers mois, implorer la population de limiter les déplacements et les rassemblements n’a été que partiellement suivi, d’autant plus qu’aucun arsenal de contrôle n’a été mis en place. Quand le gouvernement ontarien a voulu donner davantage de pouvoir aux polices locales, ces dernières ont toutes refusé de les mettre en application, craignant d’être la cible d’une pluie de procès pour atteinte aux libertés fondamentales. L’opposition de gauche au parlement fédéral, quant à elle, a demandé au gouvernement Libéral de TRUDEAU de faire appliquer la loi sur les mesures d’urgence. Cependant, la dernière application de telles lois remonte à l’époque du terrorisme du FLQ au Québec en 1970. Inutile d’expliquer pourquoi le fils du premier ministre d’alors n’aurait pas recours à de telles mesures aujourd’hui.

Sachant que la gestion de la santé est du ressort provincial et que l’obtention des vaccins a été gérée par le palier fédéral, les Canadiens sont restés les spectateurs agacés d’un conflit politique classique : « c’est pas nous, c’est eux ». La campagne vaccinale actuelle est donc perçue à juste titre comme lente, improvisée et inégalitaire.

2 – Quelles sont les mesures sanitaires à l’arrivée pour les nationaux / résidents / non résidents ?

La frontière du Canada est actuellement fermée aux voyages non-essentiels et l’obligation est faite aux passagers internationaux de se présenter avec un test effectué 72 heures avant leur arrivée. Ces mêmes voyageurs doivent réserver une chambre d’hôtel désignée près de l’aéroport pour trois jours, subir des tests supplémentaires et fournir un plan pour la quarantaine. Avoir été vacciné n’est pas une exemption.

3 – Comment se porte la communauté française ?

Ce sont les jeunes, notamment les détenteurs de PVT (Permis Vacances Travail) qui souffrent le plus, beaucoup ont été contraints d’abandonner leurs projets. Ensuite, les détenteurs de permis fermés (liés à un seul employeur) ont subi de grandes difficultés pour rester au Canada et accéder aux privilèges des permis ouverts. Outre les difficultés liées aux projets d’immigration, l’isolement subi par de nombreux membres de notre communauté est évident, comme pour l’ensemble de la population. Les associations locales, ont fait preuve d’ingéniosité pour organiser des rencontres virtuelles, c’est le cas de l’UFE d’Ottawa-Gatineau, sous la présidence de Sylvie BRAGARD, qui a organisé plus de 150 rencontres par Zoom depuis le premier confinement. Malgré tout cela, la population inscrite au Consulat général de France à Toronto n’a cessé de progresser, même en temps de pandémie, avec une croissance annuelle de l’ordre de 10 à 12%.

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