Trump a perdu les élections américaines

Tout comme il a perdu celles de 2016

Les pronostics

En 2016, le célèbre site FiveThirtyEight (ce nombre représente la somme des grands électeurs) pronostiquait une large victoire d’Hillary Clinton avec une probabilité de 88,7 %. Donald Trump quant à lui n’avait que 11.3 % de chances de remporter, d’ailleurs lui-même n’y croyait pas vraiment. Une certaine arrogance côté démocrate, la complaisance de l’électorat, une ingérence étrangère savamment ciblée ont eu raison des sondeurs.

À quelques jours de l’élection américaine, nous voilà devant des données semblables, mais dans un contexte politique bien différent. Si le site FiveThirtyEight prévoit 87 scénarios sur 100 en faveur du candidat Joe Biden, l’équipe de Nate Silver propose désormais un grand nombre de modèles analytics, des infographies originales et une série de données exhaustives. Selon eux, Trump a 4% de chances d’obtenir la majorité aux urnes, ce qu’il n’avait pas réussi à faire en 2016, soit dit en passant.

Il n’y a pas d’élection présidentielle 

De fait, aux États-Unis, les élections sont gérées localement. Chaque État, et dans certains cas, chaque comté gère sa propre élection. Ainsi, un citoyen de l’Alabama ne peut voter qu’en inscrivant son choix à la main sur un bulletin imprimé. En revanche, un  électeur du New Jersey pourra voter à l’avance par courrier postal, en personne avec un bulletin de vote sur lequel il inscrira son choix, une machine à voter électronique. Avec une telle pléthore de standards, force est de constater que l’élection n’est en fait que la tenue simultanée d’un peu plus de trois mille élections sur six fuseaux horaires.

Précisons que les électeurs ne votent pas que pour la présidentielle. En fonction du comté, certains voteront aussi pour un représentant au Congrès, un sénateur, un sénateur d’État, un membre de l’assemblée de l’État, un gouverneur … 

L’élection ne se joue que dans quelques États

Conséquence du collège électoral, le résultat dans un État comme le Wyoming, l’Oklahoma, la Californie ou le Maryland est quasiment écrit d’avance tant ces États sont connus pour leur penchant électoral fort. L’élection en revanche, se décidera dans des États comme la Pennsylvanie, la Floride, l’Arizona, le Nevada, la Caroline du Nord et la Géorgie où les sondages sont plus serrés qu’ailleurs. 

Une carte électorale des scrutins électoraux américains précédents est révélatrice de courants très profonds dans l’opinion américaine : la Nouvelle-Angleterre et la Californie n’ont pas été dans le camp Républicain depuis trente-deux ans, c’est-à-dire l’élection de Georges H.W. Bush. Autre particularité électorale : la grande majorité des anciens États confédérés ont toujours voté Républicain depuis Nixon, sauf quand le candidat démocrate en était originaire : Jimmy Carter en 1976 et William Clinton en 1992 et 1996. Lors d’élections précédentes, deux candidats ont obtenu 49 sur 50 États : Reagan en 1984, Nixon en 1972. Aucun des deux candidats actuels n’est en position pour remporter un tel succès électoral.

Quels autres candidats? 

On pourrait s’imaginer qu’aucun autre prétendant n’est en lice pour ces élections tant les deux partis principaux dominent le paysage électoral. En réalité, le fameux Parti libertarien a sa candidate en la personne de Jo Jorgensen, le Parti vert quant à lui est représenté par Howie Hawkins. Les candidats de ces deux partis ne totalisent pas plus de 3 % des sondés, de nombreux électeurs démocrates et indépendants ayant été échaudés par l’effet Ralph Nader, souvent désigné principal coupable de la défaite de Gore en 2000, ne se tournent plus vers les petits partis.

La chute 

Face à une déroute quasi certaine, la garde rapprochée de la campagne Trump commence déjà à laisser fuiter les immenses frustrations internes. Les anciens conseillers du président sont tout aussi virulents à son encontre et le laissent savoir par des petites phrases assassines. Ne faisant qu’à sa tête, Donald Trump est le seul et unique directeur de sa propre campagne. Ses saillies sont de plus en plus virulentes : il menace désormais de faire emprisonner la famille Biden, un refrain qui n’est pas sans rappeler son « lock her up » – « mettez-la en taule » contre Hillary Clinton en 2016. N’écoutant que ses intuitions, refusant tout conseil, son propre parti commence déjà à prendre ses distances.

L’opposition républicaine

Si les sénateurs républicains et le membres du Congrès du parti présidentiels ont semblé être maraboutés depuis trois ans et demi par le président Trump, la campagne publicitaire la plus offensive à l’encontre du présent actuel est le fait d’un groupe de dissidents dénommés The Lincoln Project. Ces anciens cadres politiques du parti de droite n’ont absolument rien ménagé lors de la réalisation de leurs vidéos qui constituent de véritables bijoux de propagande. Très largement diffusés sur les médias sociaux, ce groupe a appelé à voter Biden dès avril dernier pour barrer la route à Donald Trump.

Le sénat 

2020 verra-t-il la fin de la relation saprophyte entre Mitch McConnell et Donald Trump ? Mitch McConnell, le chef de file des Républicains au Sénat, a été la caution politique de Trump, profitant de ce statut pour faire avancer son propre agenda ultra conservateur. Face à la déroute annoncée, Mitch McConnell a pris conscience que cette déroute pourrait aussi être la sienne, il se vante désormais de n’avoir pas été à la Maison-Blanche « depuis des semaines ».

Les démocrates pourraient remporter la Chambre, la présidentielle et le Sénat : c’est à dire le Grand Chelem. 

Même le milliardaire Robert Murdoch, propriétaire du New York Post et de Fox News, ne croit plus à une victoire de Trump, c’est dire !

Publié sur LesFrançaisPress : https://lesfrancais.press/trump-a-perdu-les-elections-americaines/
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Pronostics électoraux

Combien d’américains ont déjà voté ? 

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