Faut-il abolir l’Assemblée des Français de l’étranger ?

Par une célèbre boutade, le président Charles de Gaulle comparait le Sénat à la prostate, qualifiant les deux organes d’inutiles. L’élu que je suis, Conseiller consulaire de l’Ontario et du Manitoba, considère que l’Assemblée des Français de l’étranger est quant à elle, aussi utile qu’un acrochordon, ou molluscum pendulum pour les latinistes.

Après cinq ans de mandat, je n’ai jamais eu la moindre utilité pour ce petit club quasi privé qui regroupe un petit cinquième d’élus consulaires. Parmi les 18 élus consulaires du Canada, quatre sont censés nous y représenter. Je ne reviendrai pas ici sur l’inanité d’un système qui a permis à une conseillère consulaire américaine de Washington d’annexer le 4e siège du Canada, celui-ci ayant été abandonné par un élu dont le souvenir s’estompe tant il fut prompt à quitter Montréal pour Boulogne-Billancourt. Ou étais-ce Neuilly?

Revenons-en à cette assemblée, conclave dont n’émane ni de la fumée blanche ni des nuages noirs, son inertie est telle et sa gravité si intense, qu’elle est devenue un trou noir, conséquence naturelle d’une étoile trop massive qui s’est effondrée sur elle-même.

Certes l’idée d’une assemblée issue d’un scrutin indirect, regroupant des élus censés être les intermédiaires et interlocuteurs des élus de proximité pouvait semblait parfaitement logique sur papier, surtout quand on tirait son inspiration du modèle soviétique. Il ne manque plus que les portraits de Brejnev, Andropov et Tchernenko rue de la Convention pour que des petits apparatchiks et quelques imposteurs, bavant à l’idée d’une présidence de groupe, complètent la pyramide du présidium suprême.

Soyons honnêtes, quand un compatriote nous saisit pour sa pension, quand un Français de l’étranger s’interroge sur le vote électronique, quand nous nous réunissons en conseil consulaire, l’existence même de l’AFE n’effleure même pas nos lèvres ! Nous communiquons directement avec nos sénateurs ou le député. Il ne nous vient même pas à l’idée de communiquer avec les élus AFE du pays qui n’ont jamais eu la politesse élémentaire de nous consulter, ni de nous faire le moindre retour.

Renforçons le rôle de l’élu de proximité ! Donnons des moyens véritables aux Conseillers consulaires ! Et surtout, mettons un terme à cette assemblée qui a réussi, après cinq ans, à être encore plus insignifiante que le Conseil économique, social et environnemental. C’est dire !

Pour en savoir davantage sur mes propositions de réforme de la représentation des Français de l’étranger, je vous invite à lire : Pour une réforme de la représentation des Français établis hors de France.

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