Homosexualité, droits civiques et familiaux

En tant que républicain qui prône la tolérance, je défendrai toujours l’égalité de tous les citoyens devant la loi. En vertu de ces principes, je souhaite que l’on permette l’accès au mariage aux couples de même sexe afin qu’ils puissent jouir de tous les droits civiques et légaux qui en découlent.

La tolérance et l’égalité devant la loi ne sont pas l’exclusivité d’aucun parti politique ni d’aucune famille idéologique. Par conséquent toute opposition à un projet gouvernemental ouvrant l’accès au mariage homosexuel ou conférant des droits en matière d’homoparentalité ne pourra découler que d’un conservatisme social ou d’une inertie morale intrinsèque.

Le président de la République, François Hollande a promis pendant sa campagne, de faire voter une loi autorisant le mariage homosexuel « au plus tard au printemps 2013 ». Sachant que cette idée n’est pas l’apanage du parti présidentiel, je souhaite donc que tous les députés, fussent-ils de droite, du centre ou de gauche, s’expriment en faveur d’un tel projet de loi.

Jean-Louis Borloo, président du Parti radical, a d’ailleurs déjà signalé dès juin 2011 qu’il était favorable « à titre personnel » à l’ouverture du mariage aux coupes de même sexe. Faisant preuve d’un pragmatisme bien radical et d’une ouverture d’esprit évidente, Jean-Louis Borloo incarne par ce choix l’esprit de la tolérance républicaine et égalitaire.

Autre figure du centrisme, François Bayrou, s’est exprimé pendant la campagne présidentielle sur l’existence de fait de l’homoparentalité par la possibilité de l’adoption par des célibataires. Il a cependant refusé de soutenir ouvertement l’idée du mariage homosexuel, préférant l’expression de l’égalité des droits sous la forme d’une union.

À droite, l’ancien parti majoritaire reste très divisé avec les conservateurs sociaux qui s’expriment contre le mariage homosexuel (François Fillon, Jean-François Copé, Nicolas Sarkozy), ceux qui sont en faveur (Chantal Jouanno, Roselyne Bachelot, Franck Riester) et ceux qui, comme Nathalie Kosciusko-Morizet refusent de s’engager définitivement prétextant complexité et qui par le biais de louvoiements intellectuels tentent de s’extirper bien maladroitement du débat.

Ceux qui contestent le droit au mariage homosexuel en soulevant la question du droit à l’homoparentalité reprennent très souvent un arsenal argumentaire qui n’est pas sans rappeler celui qu’on présentait jadis pour décourager les couples multiraciaux, se résumant à une incompréhension sociétale ou les difficultés auxquels seraient soumis les enfants de telles unions dans un environnement moins tolérant.

Les participants du débat politique se doivent d’être les pourfendeurs des idées reçues et des inerties culturelles : ces idées n’ont plus lieu d’être en 2012.

Marc A. Cormier
Toronto, le 18 juillet 2012

 

 

 

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