La publicité pharmaceutique

adhd.jpgDeux pays autorisent aujourd’hui la publicité pour des médicaments : la Nouvelle Zélande, et les Etats-Unis d’Amérique. Le Congrès américain vient d’ailleurs d’ouvrir une enquête parlementaire afin de mieux connaître les méthodes d’influence du lobby pharmaceutique et les méthodes utilisées pour créer des besoins inexistants chez un public susceptible.

Celui qui n’a jamais regardé un des grands journaux télévisés américains ne connaît pas cette pléthore de publicités qui tombent les unes après les autres à chaque pause et qui répètent la même antienne : demandez donc à votre médecin si le médicament X est fait pour vous… Partie intégrante de la pop culture, ces publicités ont d’ailleurs fait l’objet de nombreux pastiches, notamment la célèbre Gaystrogen de l’émission Saturday Night Live, un médicament-miracle offrant aux homosexuels souffrant de dépression, un moyen pharmaceutique de retrouver leur joie d’antan.

Sur un ton bien plus sérieux, l’émission du journaliste Bill Moyers a consacré très récemment un sujet sur cette question de la publicité pharmaceutique, notamment en interrogeant la journaliste du New York Times, Melody Petersen, auteur d’un nouveau livre à ce sujet.

Petersen démonte, preuve à l’appui, l’influence énorme des capitaux et de Wall Street dans cette industrie. Ce mariage économique aboutit souvent à la mise sur le marché de médicaments médiocres, parfois moins efficaces que des placebos, mais qui deviennent populaires par effet de commercialisation de masse. Cette même journaliste révèle aussi comment cette même industrie fait rédiger des articles scientifiques par des agences de marketing, pour ensuite proposer moyennant finance, qu’un médecin y appose son nom.

Mais le plus grave, c’est la création de nouvelles maladies, du moins dans la perception du public. En s’adressant directement au consommateur, ces géants pharmaceutiques ont réussi à créer le sentiment qu’il existe une myriade de maladies périphériques aux maladies connues qui peuvent être traitées par ces mêmes médicaments. Par exemple, un médicament destiné à traiter l’incontinence est désormais proposé à ceux qui souffriraient d’une « vessie hyperactive ». Les anti-dépresseurs peuvent servir aux anxieux, le prozac lui – sous un nouveau nom – est réservé aux femmes souffrant de « désordre dysphorique prémenstruel ».

En élargissant donc sa clientèle par l’invention de nouvelle maladies, l’industrie pharmaceutique transforme progressivement l’Américain moyen en malade imaginaire.

Autre découverte de Melody Petersen, l’industrie pharmaceutique crée ses propres groupes de malades activistes, c’est-à-dire des lobbys par procuration.

Source : Bill MoyersMelody Petersen

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