Quand la France ne défend plus le territoire national devant l’étranger…

Saint-Pierre-et-Miquelon, le plus ancien des territoires outre-mer, a quelques milles nautiques au Sud de l’île canadienne de Terre-Neuve, est aujourd’hui dans une situation périlleuse : dépendante de l’aide publique nationale, son existence précaire est la racine de tous les problèmes politiques et économiques qui lui font face. Or cette situation est directement imputable à un manque de ressources naturelles et son espace économique restreint. La France veut-elle vraiment se battre contre le Canada pour préserver son espace économique ?

Malgré le fait que la France reste un grand pays avec un vaste territoire dans tous les océans du globe, il est des confins de son ancien Empire qui ont vu leur espace économique se réduire comme une peau de chagrin.

A la suite de l’arbitrage catastrophique de 1992, le Tribunal international alloua aux îles une zone économique exclusive de 24 milles nautiques à l’Ouest, et un étrange couloir de 200 milles marins et 10 milles de large qui mène nulle part, la zone canadienne englobant cette « baguette ».

Est-il utile de rappeler que les Canadiens n’ont pas joué fair-play en utilisant le système Échelon pour espionner la partie française (*) ? Sans doute pas, la décision du tribunal étant sans appel. Silence du Quai d’Orsay.

Mais voilà qu’après une décennie de troubles économiques, la fermeture unilatérale de la pêche à la morue par les autorités canadiennes et la quasi-raréfaction de cette espèce halieutique, une nouvelle chance s’offre à ces îles pour étendre leur domaine territorial : la possibilité d’extension de la zone économique exclusive au plateau continental.

Deux problèmes se posent alors, liés à la nature discontinue de la zone économique, problème plus théorique que pratique, qui a fait l’objet d’études et de proposition très concrètes par divers intervenants et qui pourrait faire cas d’école. (**)

Mais l’obstacle qui surprendra bien des citoyens français est l’attitude défaitiste et inquiétante du Quai d’Orsay ! Nous voilà donc dans une situation ubuesque : un territoire français veut faire valoir ses droits au nom du droit international de la mer, mais les principaux représentants de la diplomatie française et du gouvernement français ont fait preuve de couardise et de double jeu : refus de déposer un dossier aux Nations unies, mauvaise interprétation de l’arbitrage de 1992 par rapport au plateau continental, positions contradictoires… (***)

La France va-t-elle brader ses intérêts nationaux face au Canada ? Les Saint-Pierrais et Miquelonnais se sont mobilisés derrière leur député Gérard Grignon en signant une pétition qui fut remise au chef de l’État.

Il ne faut pas baisser les bras, et nous avons besoin de votre soutien, signez la pétition qui se trouve à l’adresse www.st-pierre-et-miquelon.org

(*) Canada a key snooper in huge spy network, The Ottawa Citizen, Monday, May 24, 1999 by Jim Bronskill

(**) THE FRENCH ISLANDS OF SAINT-PIERRE ET MIQUELON : A CASE FOR THE CONSTRUCTION OF A DISCONTINUOUS JURIDICAL CONTINENTAL SHELF ? (PDF) – Marc Plantegenest, Conseil général de Saint-Pierre et Miquelon, Michael Iosipescu, Legal Research Council, Halifax NS, Canada, Ron Macnab, Watermark Geoscience Inc. Dartmouth NS

(***) Interventions parlementaires – http://www.st-pierre-et-miquelon.org/francais/lecture.php

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